Anatomie de la vie bruxelloise, chapitre 3: tralalas

9 mars 2010

Depuis que je suis à Bruxelles, il y a deux choses que je fais plus qu’avant: remercier et m’excuser. Et paradoxalement, les deux vont souvent de pair.

Ca commence dans le métro (j’aime beaucoup le métro, on l’aura compris): “Pardon, merci, excusez-moi, oups!Pardon, pardon-merci, excusez-moi merci, merci pardon merci.” Et ainsi de suite jusqu’au moment où je trouve un emplacement pour y caser mes fesses (rarement en position assise, d’ailleurs).

Ca continue dans le tram: “Paaardon, merhhi, exc…pHardon, merhhhi” (oui parce qu’avec l’abdomen compressé entre la veste de ski de celui de devant, le cartable de celle de droite et la surchage pondérale enrobée de fourrure de celle de gauche, c’est difficile de sortir les consonnes sifflantes. C’est toujours en ce moment précis que j’ai une pensée émue pour les poulets de batterie.)

Et ça se poursuit dans la file sandwich/self-service/traiteur chinois  le midi: “Pardon, excusez-moi, j’étais devant, merci non c’est à vous, pardon, merci, allez-y-je-ne-suis-pas-pressée, merci”.

On constate le même phénomène au bureau, bien que dans un autre style: beaucoup moins d’excuses vu que la promiscuité n’est ici pas d’actualité, mais autant de remerciements,  et surtout, beaucoup, beaucoup de superlatifs. Exemples:

“-Voilà le dossier que tu cherchais.

-Génial, merci!”

“-Voilà ton café.

-Merci, super!”

“-Ca a été chez le dentiste hier?

-Super génial, merci!”

“-Hier j’ai mangé des pâtes.

-Génial, super! Merci!”

 

Forcément au début j’y mettais du coeur, de l’intention, du sourire. Mais au bout de quelques semaines, on finit par ne plus trop savoir pourquoi on s’excuse ni ce qu’on remercie. On finit par s’en foutre aussi. Cela devient une litanie automatique qui sort sans provoquer le moindre soubresaut des neurones.  Avant qu’il ne soit trop tard, je dis donc halte à la dénaturation du sens des mots par emploi abusif, et décrète que “pardon”, “génial”, “super” et “merci” ne sont à utiliser qu’en cas de réelle nécessité.

Exemples:

“-Madame, vous me marchez sur les pieds. Nous ne sommes pourtant que deux dans cette rame de métro.

-Oh pardon!”

“-Tu dormais si bien que ça me faisait mal de te réveiller, alors j’ai appelé le bureau pour leur dire que tu étais malade et que tu ne viendrais pas aujourd’hui…

-Oh merci!”

“-Devine quoi? Lara Fabian prolonge ses dates de concerts à Bruxelles!

-Super…”

“-Et sinon, Capitale minuscule, vous trouvez ça comment?”

Génial.

[Cindya Izzarelli]

PS: A la demande de mon ami N. qui ne veut plus se voir faire attribuer mes articles par ses contacts FB, dorénavant, je persiste et  signe.

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Mantra du jour

24 février 2010

Emprunter le chemin de Damas pour aller à Canossa.

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La 7e compagnie à Tahiti (aka “Bien fait pour eux”)

23 février 2010

 

Je me fais le relais d’un article du Monde.fr, qui nous montre une fois de plus l’essentielle nécessité de recouper ses sources (puisqu’on vous le dit, nondidjû). Chapeau à la petite équipe de www.Times.ro, qui fait regagner à la Roumanie les gallons qu’elle avait perdus à mes yeux suite au désastreux épisode d’O-Zone et “Dragosta din tei” (mais si vous connaissez: “Noumanoumayééé…”). Plus 5 sur mon échelle de valeurs personnelle et subjective (mais néanmoins incontestable).

La Roumanie raille Canal+ et son correspondant à Tahiti Paul Gauguin, tombés dans un canular
LE MONDE | 23.02.10 | 15h05  •  Mis à jour le 23.02.10 | 15h15
Bucarest Correspondant

‘histoire a fait le tour du monde. Un bataillon de soldats roumains envoyés en Haïti avec de l’aide humanitaire aurait atterri par erreur à Tahiti. Le soi-disant article, qui était une blague, a été publié sur un blog roumain, Times.ro, comme s’il s’agissait d’une information des plus sérieuses. 

Illustré par une photo présentant les soldats roumains sur une plage tahitienne, il cite le ministre roumain de la défense : “Franchement, ce n’est pas la peine d’en faire un plat, aurait affirmé celui-ci, selon l’article. Haïti, Tahiti, Mahiti, Papiti, toutes ces îles ont des noms qui se ressemblent. Qu’elles aillent au diable.”

Aussitôt, des dizaines de journaux russes, lettons, hongrois et italiens ont propagé la nouvelle. Celle-ci s’est également retrouvée sur les écrans de télévision. L’édition en espagnol de la chaîne internationale d’informations Russia Today a présenté un long reportage sur cette affaire qualifiée d’“incroyable mais vraie”. La présentatrice résumait l’histoire à partir d’un montage d’images d’archive qui montraient des soldats roumains et des touristes surfant sur les eaux de la Polynésie française.

Explosion de l’audience

“Je n’en revenais pas, avoue Ionut Foltea, le blogueur qui est à l’origine de cette dérive médiatique. Notre site est une plate-forme de pamphlets, de faux sujets et de blagues, que les gens lisent pour s’amuser. Quand tu es journaliste, la première chose que tu fais c’est de vérifier tes informations. Personne ne s’est donné la peine de passer un coup de téléphone. Et voilà comment on peut montrer à la télé des histoires qui n’ont jamais eu lieu.”

Lancé en 2008 par une société roumaine créant des sites Internet, le site Times.ro, qui n’a pas hésité à emprunter le nom d’un journal britannique sérieux, a vu le nombre de ses lecteurs exploser. Depuis l’affaire Haïti-Tahiti, quelque 25 000 internautes visitent désormais le site chaque jour, contre 4 000 précédemment.

Et l’aventure continue en France. Le 18 février, l’hebdomadaire Courrier international résume un article de la presse roumaine et révèle la bourde médiatique, mais sur Canal+ on ne lit que le début de l’article et on tombe dans le panneau. L’émission “L’édition spéciale” de la chaîne consacre plusieurs minutes à l’incroyable histoire roumaine, que le site Times.ro signale à sa manière : “Canal+ a reçu l’information de son correspondant local, le peintre Paul Gauguin, peut-on lire sur le site roumain. Il vit sur cette île et a été le témoin oculaire de l’arrivée du bataillon roumain.” Une affaire que ce site, dont le slogan est “Not as seen on TV” (”Pas vu à la télévision”), promet de suivre.

 

Mirel Bran
Article paru dans l’édition du 24.02.10

 

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Slam: Portrait de famille

15 février 2010

D’abord, y’a la mère

Celle qui sait plus mon nom

Qui a tourné les talons

En claquant son jupon, celle

Qui brasse le vent

Entre des dents trop blanches

Faites pour craquer des branches

Des pierres et des os gras

Sauf que là elle mange pas

Parce qu’elle fait attention

Car chez ces gens-là

On ne mange pas

On se pèse

Et puis, ya la vieille

Grenouille de bénitier

Que l’eau bénite tuerait

Tellement qu’elle est méchante

Et qu’elle sait le montrer

Celle qui donne pas aux pauvres

Ils ont qu’à travailler

Et qui va à l’Eglise

Juste pour pointer du doigt

Ceux qui ne sont pas là

Car chez ces gens-là

On ne prie pas

On méprise

Ya aussi le père

Celui qui parle jamais

Celui qui est fatigué

Qui était plein de tendresse

Et de liberté

Avant, ya longtemps

Mais maintenant c’est fini

Maintenant c’est bouché

Car chez ces gens-là

On ne saigne pas

On s’endurcit

Et puis, et puis ya la fille

Celle qui fait pitié

Avec ses fiancés

Ceux qui sont de passage

Ceux qui sont pour le mariage

Et qui finissent tôt ou tard

Par ne pas rester

Ceux dont on se dit plus tard

Fallait pas l’inviter

Car chez ces gens-là

On n’aime pas

On s’use

Et enfin

Dans un sous-verre pas cher

Ya la casquette du fils

Qu’est mort dans un virage

Même qu’il était trop beau

Et que ça fout la rage

Même que quand il est parti

Ca a tout détruit sur son passage

Car chez ces gens-là

On ne pleure pas

On se consume

Et puis, et puis ya ma soeur

Des fou-rires plein les cheveux

Des étoiles aux fossettes

Et des bras comme le monde

Ma douceur

Ma liberté

Mon port d’amarre

Ma claque

Ma fierté

Et si je parle tant

C’est parce qu’il y a des choses

Que je ne dis pas

Ou bien ya longtemps

Ou bien j’ai oublié

Car chez ces gens-là

On ne dit pas

Je t’aime

On ne dit juste rien

Mais ce soir, ma soeur

Ce soir je te le dis

Ti voglio bene

Et merci.

[Scène slam de la MF - 11.02.2010]

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Interview: Peggy Thomas

3 février 2010

Peggy ThomasCela fait bien longtemps déjà que cette jolie Bretonne s’est amourachée de nos belges planches. Après une formation de comédienne et la création de sa propre troupe « Les orgues », Peggy Thomas se tourne vite vers la mise en scène, d’abord avec « Bobby Fischer vit à Pasadena », puis avec « Babel ou le ballet des incompatibles ». Aujourd’hui, elle nous présente « Politikovskaïa », le deuxième volet de la « trilogie familiale » écrit (et interprété) par Thibaut Nève. Autopsie.

Entre vous et Thibaut Nève, il s’agit d’une première rencontre ?

En effet. Nous nous sommes rencontrés suite à une représentation de Tripallium, et j’ai d’emblée été touchée par son écriture. Thibaut est venu vers moi parce qu’il souhaitait que sa pièce soit mise en scène par quelqu’un d’autre que par lui, notamment parce qu’il avait envie d’y jouer un rôle…

Il y avait donc vraiment cette volonté de sa part de ne pas être à la fois auteur, metteur en scène et comédien ?

Tout à fait ! Il avait déjà fait l’expérience de se faire mettre en scène par un tiers et je pense que cela lui avait beaucoup plu. De mon côté, j’ai très vite accroché à sa démarche audacieuse : je trouve cela culotté d’oser écrire, mettre en scène et parler du monde de cette façon. De plus, peut-être parce qu’on a le même âge, nous nous sentons interpellés par les mêmes sujets…

Dont Anna Politkovskaïa ?

Dont Anna Politkovskaïa. Quand il m’a annoncé le sujet de sa pièce, cela m’a tout de suite parlé, même si à l’époque je savais finalement peu de choses sur cette femme et son travail. Mais elle s’inscrit dans l’histoire politique contemporaine russe et dans la lutte pour la cause tchétchène, deux sujets qui m’ont toujours interpellée.

Comment s’est passée la collaboration avec Thibaut Nève ? Carte blanche ou concertation ?

Dans un premier temps, concertation : pendant l’écriture du spectacle, lors de la composition de l’équipe de comédiens, nous avons énormément collaboré. Mais quand est arrivée l’heure de la mise en scène proprement dite, il m’a complètement laissé les rênes.

En venant voir Politikovskaïa, je ne m’attendais pas à rire…

C’est la particularité -et la difficulté- de ce spectacle : écrire une pièce sur Anna Politkovskaïa et placer en premier rôle féminin…Sa mémé, il fallait oser ! J’ai eu un choc à la première lecture. Mais j’ai très vite été convaincue que si on voulait traiter des sujets tels que l’engagement politique et la place de la femme dans ce genre de combat, c’est comme ça qu’il fallait le faire. Car Anna, c’est à la fois une femme journaliste politque, une femme engagée, et une femme tout court, et toute la dramaturgie développée par Thibaut tourne autour de ça : quelle place réserver dans sa vie au banal, au quotidien, à la famille, quand on a des idéaux ? Où s’arrête l’héroïsme ? Que signifie consacrer sa vie à son travail et à ses idéaux, quitte à sacrifier mari, enfants et vie privée ? On a aujourd’hui d’autres exemples de gens, comme Ingrid Bettencourt, qui risquent leur vie pour une cause en laquelle ils ou elles croient. C’est cette question qui nous a interpellés, ce choix que chaque individu fait de consacrer sa vie à ce qui lui est proche ou à ce qui le dépasse, et c’est là que la confrontation entre Anna et Mémé devient pertinente et offre au public la possibilité de s’interroger.

La pièce laisse suffisamment de marge au public pour s’interroger et mener une introspection, même si on sent, latente, une angoisse des personnages par rapport à cet héroïsme…

Pas tellement par rapport à l’héroïsme mais plutôt par rapport au sacrifice que l’héroïsme exige. Et ce sacrifice, c’est dommage, au fond. Quand on regarde Anna et la dure fin qu’elle a subie, on peut se demander quelle vie elle a eue, même si c’est une vie qu’elle a choisie, et si cela en valait la peine. Cette pièce, sous ses dehors comiques, traite en fait des sujets très durs : la mort, le deuil, l’absence, …

C’est quand même gonflé d’oser laisser entendre que l’héroïsme ne doit pas toujours être encensé, non ? Quand on compare ça à la mentalité d’après-guerre, par exemple, où on n’aurait jamais oser critiquer les héros…

Absolument ! Mais je crois que c’est une pièce provocatrice, parce que la première réaction est qu’on n’a pas le droit de dire ça ! On n’a pas le droit de critiquer des héros comme Anna et de leur dire « tu aurais mieux fait de rester chez toi ». Mais finalement c’est une vraie question : comment on s’engage ? Quels types d’engagements privilégie-t-on dans sa vie ? Qu’ est-ce que ça veut dire, « être avec ses proches » ? De nos jours, tout le monde veut être héroïque, tout le monde cherche la gloire. Et le fait de faire de Mémé une héroïne de théâtre, c’est absurde à première vue, mais cela nous ramène à nos origines, à « avant », quand on réservait une grande place au rapport humain et à l’ennui. C’est ce qui est mis en exergue dans la première partie de la pièce, où il ne se passe rien, finalement. On oppose cette vie ennuyeuse à la vie trépidante d’Anna, qui sauve des vie, passe à la télé et est un héros. Forcément, cela fait envie. Mais est-ce que tout cela n’est pas un leurre ? Où s’arrête l’héroïsme et où commence l’auto-glorification, l’égoïsme ? C’est une question qui dérange.

Une réplique d’Anna m’a particulièrement marquée : « Peut-on faire justice en écrivant ? ». Paradoxe ?

Non, car finalement, à chaque fois qu’Anna a la parole pendant la pièce, elle est dans un doute. Elle se demande si ses actions ont un sens et si cela en vaut la peine. Mais ce qui fait qu’on aime Anna, c’est qu’elle reste malgré tout persuadée que oui, cela en vaut la peine et oui, on peut rendre justice en écrivant. C’est ce qui l’a poussée à prendre tous ces risques et à écrire encore et encore sur ce qu’elle a vu, pour que le monde sache. La pièce reste un vibrant hommage à Anna Politkovskaïa : Thibaut lui donne la parole, nous montre malgré tout le courage qu’elle a eu et nous donne envie de la lire. Là où il y a un problème, c’est quand on voit ce que le pouvoir russe a pu faire en Tchétchénie sans que personne ne réagisse. Je trouve cela ahurissant qu’à notre époque, après tout les « plus jamais ça » et tous les discours sur le devoir de mémoire, la communauté internationale, bien qu’informée et interpellée, n’agisse pas plus que ça et n’ait rien fait pour stopper net ce génocide, car il s’agit bien d’un génocide. Anna a permis que nous soyons au courant, mais concrètement, rien n’a changé.

Dernière question : pourquoi faut-il venir voir Politikovskaïa ?

Parce que c’est drôle, généreux, profond, et universel : chacun y trouvera quelque chose à retenir.

« Politikovskaïa » de Thibaut NèveAffiche

Mise en scène : Peggy Thomas

De la compagnie Chéri-Chéri

à voir jusqu’au 13 février 2010 au Théatre des Riches-Claires à Bruxelles. Tous les soirs à 20:30 (relâche les dimanches et lundis).

Cindya IZZARELLI

Retrouvez cette interview (et bien d'autres) sur www.demandezleprogramme.be!

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Article: La Chandeleur: histoire d’une crise de foi(e)

2 février 2010

 

Ce 2 février, ce sera la Chandeleur: une célébration qui tombe à point pour réchauffer les cœurs et les estomacs au beau milieu de l’hiver. Petit rappel des origines pour le moins troubles de cette fête.

 

La Chandeleur en 2010, c’est essentiellement une tablée de petits et de grands réclamant des crêpes à cor et à cri. Mais il n’en a pas toujours été ainsi. La fête que nous connaissons aujourd’hui est le résultat d’une lente mutation et de la rencontre de plusieurs rites ancestraux.

 

Au commencement, on trouve une antique célébration romaine, Les Lupercales. Fêtée entre le 13 et le 15 février en l’honneur du Dieu Pan, elle consistait en une procession aux flambeaux qui visait à purifier les âmes et appeler la fécondité sur le peuple et les terres. On peut la rapprocher de la fête celtique d’Imbolc, qui suit environ le même rituel et est célébrée le 1er janvier.

 

Au 5è siècle, le Pape chrétien Gélase Ier, dans sa volonté d’achever la christianisation des mœurs de l’empire romain, décide d’interdire les Lupercales, la dernière fête païenne encore vivante dans le folklore, et de lui substituer la Fête de la Purification de la Vierge ou Présentation de Jésus-Christ au Temple (le nom officiel de la Chandeleur). Cette présentation de Jésus au temple fait cependant à une coutume hébraïque, qui voulait qu’une mère fasse bénir son enfant 40 jours après sa naissance. Pour rester cohérent, Gélase 1er  fixe donc la date de cette nouvelle fête au 2 février et « récupère » le 14 du mois pour fêter…Valentin, martyr qui deviendra le saint patron des amoureux. Dans les églises, les torches ont été remplacées par des chandelles bénites, d’où le nom de Chandeleur, « fête des chandelles ».

 

Et les crêpes dans tout cela? Les hypothèses fusent: certains parlent des galettes de céréales consommées par les Romains en l’honneur de Proserpine, déesse des moissons, d’autres de crêpes de froment distribuées par Gélase 1er aux pèlerins qui arrivaient à Rome, d’autres encore d’une coutume païenne qui voulait que la crêpe, par sa forme et sa couleur, symbolise le disque solaire.

 

Quelle que soit son origine exacte, la Chandeleur est et reste  un appel au bon temps à venir, au réveil de la terre, à la fécondité et à la prospérité. Chaque famille y va aujourd’hui de son petit rituel personnel, pièce d’or dans la main droite, vœu ou première crêpe conservée toute l’année dans l’armoire de la cuisine.

 

Mais tout cela ne répond pas à la plus cruciale des questions: choco ou cassonade? Dans tous les cas, bon appétit!

 

Délicieux belgicisme

Techniquement, le mot cassonade désigne le jus de canne à sucre brut cristallisé. La cassonade « à la belge » n’est donc en fait pas de la cassonade, mais de la vergeoise, c’est-à-dire du sucre de betterave raffiné et recuit pour obtenir une coloration. La confusion vient du fait que la vergeoise produite par la Raffinerie Tirlemontoise est commercialisée depuis toujours sous le nom de « Cassonade Graeffe ».

 

Cindya IZZARELLI

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Exercice: Hé dites, ho! (spéciale dédicace à mon ancien co-rédac)

27 janvier 2010

Du fond et de la forme

Peut-on rire de tout? Oui, parait-il, mais pas avec n’importe qui.

Peut-on parler de tout? Oui, sans aucun doute, mais pas n’importe quand, ni n’importe comment.

Le réalisateur belge Joachim Lafosse préparerait un film sur la triste affaire du quintuple filicide perpétré par Geneviève Lhermitte à Nivelles en 2007. Cette nouvelle, diffusée par l’agence Belga et aussitôt relayée par la plupart des médias, a déjà suscité un tollé avant même d’avoir été confirmée par le principal intéressé. D’aucuns parlent d’un « voyeurisme malsain », d’autres d’une « macabre récupération».

L’affaire Lhermitte a marqué les esprits par son caractère démesuré, et trois ans ne suffisent pas à effacer ce genre de faits divers de la mémoire collective. L’idée d’en faire un film avant même que la patine des ans n’ ait émoussé les horribles reliefs de cette tragédie peut donc tout naturellement choquer.

Cela dit, nombre d’histoires du même cru ont déjà été portées à l’écran: l’affaire des soeurs Papin, ces deux domestiques qui ont assassiné et énucléé leurs patronnes en 1933; les crimes du mystérieux « Jack l’Eventreur », qui égorgea et mutila une demi-douzaine de prostituées de l’été à l’automne 1888, la fusillade du lycée de Columbine en 1999,…Et à n’en pas douter, le jour viendra bientôt où un certain Marc Dutroux aura les honneurs d’un biopic.
On peut certes attendre que le temps fasse son œuvre et qu’il y ait prescription morale. Ou pas. Dans tous les cas, tout dépendra de l’intelligence avec laquelle le sujet est traité. Mais hurler à l’indécence avant même d’avoir visionné l’ombre d’un bout de pellicule, c’est aller vite en besogne.

L’horreur et la folie sont des sujets qui se doivent d’être abordés. Pas n’importe quand, ni n’importe comment.
Aussi, avant de juger l’artisan sur une pièce qu’il n’a même pas encore produite, l’opinion publique ferait peut-être mieux de lui laisser le bénéfice du doute et de combattre le voyeurisme malsain là où il se trouve, par exemple chez ces  journalistes qui, sans même pouvoir se réclamer d’un quelconque dessein artistique, commettent des articles qui  tronquent les faits et les exploitent jusqu’à leur dernière goutte d’hémoglobine, sans aucun respect ni du fond, ni de la forme, et encore moins de l’humain.

Joachim Lafosse

Joachim Lafosse

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Tooting my own horn for once: Concours Unicef La Libre Belgique “Signature for Good”

25 janvier 2010

Jesoussignée est très fière de vous annoncer qu’elle fait partie des huit heureux gagnants du concours “Signature for Good” lancé par la Libre Belgique en décembre dernier dans le cadre du partenariat conclu entre Unicef et Mont Blanc pour soutenir l’alphabétisation des enfants défavorisés partout dans le monde.

Le but du jeu était de rédiger des voeux de Noël sur le thème de l’écriture.

Voici mon crime:

Un stylo est, à bien des égards, comparable à la plus puissante des baguettes magiques. Quiconque sait s’en servir peut en tirer des merveilles: abattre les murs d’une prison, faire triompher une juste cause, matérialiser un univers entier hors du néant, enflammer le plus glacé des coeurs. L’écriture peut être le porte-voix de ceux qui sont trop petits pour qu’on les entende, le jardin de ceux qui ont un mur pour tout horizon,  l’échelle de corde de ceux qui se débattent au fond de l’abysse. C’est un pouvoir illimité à mettre d’urgence entre toutes les mains.
Puisse chaque homme être un jour le magicien de sa propre vie.

 

Et voilà mon intimidant châtiment:

 

Montblanc Meisterstück Signature for Good

 

Je pense qu’il va me falloir du temps avant d’oser l’utiliser.

Merci Papa Noël…

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Micromanie…

21 janvier 2010

Voici la vidéo promotionnelle de l’université de Yale, aux Etats-Unis.

Et dire qu’on se moque de l’office du tourisme du Pays de Herve…

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Anatomie de la vie bruxelloise, chapitre 2: bis repetita

20 janvier 2010

Toujours dans le thème “le métro et les problèmes linguistiques”, j’ai beau être au fait  depuis une paire d’années de la guerre des langues qui fait rage dans notre beau pays, j’ai beau savoir que le double étiquetage linguistique et ses éventuels abus représentent un lourd dossier rigoureusement géré par la Commission permanente du Contrôle Linguistique et quotidiennement contesté par les lobbys et observateurs des deux camps, je ne peux m’empêcher de me demander ce que le rapprochement des communautés gagne au fait que ” Jacques Brel” soit traduit par “Jsacques Brrel”, “Aumale” par “Aumale”, “Parc” par “Park” et “Delacroix” par “Délacrroix” (et vice-versa).  Peut-être pour éviter un débat télévisé du dimanche et trois tours de vote sur l’accent à faire adopter à la voix de Madame Stib?

J’en étais là dans mes réflexions semi-cyniques quant un vieil article ressorti des archives a réussi à me faire peur:

La Stib doit fermer Bootik

La chèvre et le chou ont donc finalement un point commun: ils peuvent tous deux friser. Le ridicule.

Combien de fois faudra-t-il rappeler que l’on récolte ce que l’on sème?  Et que si c’est une moisson de réconciliation que l’on vise, il faut commencer par semer l’envie de rencontre parmi nos jeunes pousses du Nord et du Sud, et pas par étiqueter des cageots qui, faute de culture commune,  resteront vides?

Une fois de plus, sans doute.

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