Interview: Peggy Thomas

3 février 2010

Peggy ThomasCela fait bien longtemps déjà que cette jolie Bretonne s’est amourachée de nos belges planches. Après une formation de comédienne et la création de sa propre troupe « Les orgues », Peggy Thomas se tourne vite vers la mise en scène, d’abord avec « Bobby Fischer vit à Pasadena », puis avec « Babel ou le ballet des incompatibles ». Aujourd’hui, elle nous présente « Politikovskaïa », le deuxième volet de la « trilogie familiale » écrit (et interprété) par Thibaut Nève. Autopsie.

Entre vous et Thibaut Nève, il s’agit d’une première rencontre ?

En effet. Nous nous sommes rencontrés suite à une représentation de Tripallium, et j’ai d’emblée été touchée par son écriture. Thibaut est venu vers moi parce qu’il souhaitait que sa pièce soit mise en scène par quelqu’un d’autre que par lui, notamment parce qu’il avait envie d’y jouer un rôle…

Il y avait donc vraiment cette volonté de sa part de ne pas être à la fois auteur, metteur en scène et comédien ?

Tout à fait ! Il avait déjà fait l’expérience de se faire mettre en scène par un tiers et je pense que cela lui avait beaucoup plu. De mon côté, j’ai très vite accroché à sa démarche audacieuse : je trouve cela culotté d’oser écrire, mettre en scène et parler du monde de cette façon. De plus, peut-être parce qu’on a le même âge, nous nous sentons interpellés par les mêmes sujets…

Dont Anna Politkovskaïa ?

Dont Anna Politkovskaïa. Quand il m’a annoncé le sujet de sa pièce, cela m’a tout de suite parlé, même si à l’époque je savais finalement peu de choses sur cette femme et son travail. Mais elle s’inscrit dans l’histoire politique contemporaine russe et dans la lutte pour la cause tchétchène, deux sujets qui m’ont toujours interpellée.

Comment s’est passée la collaboration avec Thibaut Nève ? Carte blanche ou concertation ?

Dans un premier temps, concertation : pendant l’écriture du spectacle, lors de la composition de l’équipe de comédiens, nous avons énormément collaboré. Mais quand est arrivée l’heure de la mise en scène proprement dite, il m’a complètement laissé les rênes.

En venant voir Politikovskaïa, je ne m’attendais pas à rire…

C’est la particularité -et la difficulté- de ce spectacle : écrire une pièce sur Anna Politkovskaïa et placer en premier rôle féminin…Sa mémé, il fallait oser ! J’ai eu un choc à la première lecture. Mais j’ai très vite été convaincue que si on voulait traiter des sujets tels que l’engagement politique et la place de la femme dans ce genre de combat, c’est comme ça qu’il fallait le faire. Car Anna, c’est à la fois une femme journaliste politque, une femme engagée, et une femme tout court, et toute la dramaturgie développée par Thibaut tourne autour de ça : quelle place réserver dans sa vie au banal, au quotidien, à la famille, quand on a des idéaux ? Où s’arrête l’héroïsme ? Que signifie consacrer sa vie à son travail et à ses idéaux, quitte à sacrifier mari, enfants et vie privée ? On a aujourd’hui d’autres exemples de gens, comme Ingrid Bettencourt, qui risquent leur vie pour une cause en laquelle ils ou elles croient. C’est cette question qui nous a interpellés, ce choix que chaque individu fait de consacrer sa vie à ce qui lui est proche ou à ce qui le dépasse, et c’est là que la confrontation entre Anna et Mémé devient pertinente et offre au public la possibilité de s’interroger.

La pièce laisse suffisamment de marge au public pour s’interroger et mener une introspection, même si on sent, latente, une angoisse des personnages par rapport à cet héroïsme…

Pas tellement par rapport à l’héroïsme mais plutôt par rapport au sacrifice que l’héroïsme exige. Et ce sacrifice, c’est dommage, au fond. Quand on regarde Anna et la dure fin qu’elle a subie, on peut se demander quelle vie elle a eue, même si c’est une vie qu’elle a choisie, et si cela en valait la peine. Cette pièce, sous ses dehors comiques, traite en fait des sujets très durs : la mort, le deuil, l’absence, …

C’est quand même gonflé d’oser laisser entendre que l’héroïsme ne doit pas toujours être encensé, non ? Quand on compare ça à la mentalité d’après-guerre, par exemple, où on n’aurait jamais oser critiquer les héros…

Absolument ! Mais je crois que c’est une pièce provocatrice, parce que la première réaction est qu’on n’a pas le droit de dire ça ! On n’a pas le droit de critiquer des héros comme Anna et de leur dire « tu aurais mieux fait de rester chez toi ». Mais finalement c’est une vraie question : comment on s’engage ? Quels types d’engagements privilégie-t-on dans sa vie ? Qu’ est-ce que ça veut dire, « être avec ses proches » ? De nos jours, tout le monde veut être héroïque, tout le monde cherche la gloire. Et le fait de faire de Mémé une héroïne de théâtre, c’est absurde à première vue, mais cela nous ramène à nos origines, à « avant », quand on réservait une grande place au rapport humain et à l’ennui. C’est ce qui est mis en exergue dans la première partie de la pièce, où il ne se passe rien, finalement. On oppose cette vie ennuyeuse à la vie trépidante d’Anna, qui sauve des vie, passe à la télé et est un héros. Forcément, cela fait envie. Mais est-ce que tout cela n’est pas un leurre ? Où s’arrête l’héroïsme et où commence l’auto-glorification, l’égoïsme ? C’est une question qui dérange.

Une réplique d’Anna m’a particulièrement marquée : « Peut-on faire justice en écrivant ? ». Paradoxe ?

Non, car finalement, à chaque fois qu’Anna a la parole pendant la pièce, elle est dans un doute. Elle se demande si ses actions ont un sens et si cela en vaut la peine. Mais ce qui fait qu’on aime Anna, c’est qu’elle reste malgré tout persuadée que oui, cela en vaut la peine et oui, on peut rendre justice en écrivant. C’est ce qui l’a poussée à prendre tous ces risques et à écrire encore et encore sur ce qu’elle a vu, pour que le monde sache. La pièce reste un vibrant hommage à Anna Politkovskaïa : Thibaut lui donne la parole, nous montre malgré tout le courage qu’elle a eu et nous donne envie de la lire. Là où il y a un problème, c’est quand on voit ce que le pouvoir russe a pu faire en Tchétchénie sans que personne ne réagisse. Je trouve cela ahurissant qu’à notre époque, après tout les « plus jamais ça » et tous les discours sur le devoir de mémoire, la communauté internationale, bien qu’informée et interpellée, n’agisse pas plus que ça et n’ait rien fait pour stopper net ce génocide, car il s’agit bien d’un génocide. Anna a permis que nous soyons au courant, mais concrètement, rien n’a changé.

Dernière question : pourquoi faut-il venir voir Politikovskaïa ?

Parce que c’est drôle, généreux, profond, et universel : chacun y trouvera quelque chose à retenir.

« Politikovskaïa » de Thibaut NèveAffiche

Mise en scène : Peggy Thomas

De la compagnie Chéri-Chéri

à voir jusqu’au 13 février 2010 au Théatre des Riches-Claires à Bruxelles. Tous les soirs à 20:30 (relâche les dimanches et lundis).

Cindya IZZARELLI

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Exercice: Hé dites, ho! (spéciale dédicace à mon ancien co-rédac)

27 janvier 2010

Du fond et de la forme

Peut-on rire de tout? Oui, parait-il, mais pas avec n’importe qui.

Peut-on parler de tout? Oui, sans aucun doute, mais pas n’importe quand, ni n’importe comment.

Le réalisateur belge Joachim Lafosse préparerait un film sur la triste affaire du quintuple filicide perpétré par Geneviève Lhermitte à Nivelles en 2007. Cette nouvelle, diffusée par l’agence Belga et aussitôt relayée par la plupart des médias, a déjà suscité un tollé avant même d’avoir été confirmée par le principal intéressé. D’aucuns parlent d’un « voyeurisme malsain », d’autres d’une « macabre récupération».

L’affaire Lhermitte a marqué les esprits par son caractère démesuré, et trois ans ne suffisent pas à effacer ce genre de faits divers de la mémoire collective. L’idée d’en faire un film avant même que la patine des ans n’ ait émoussé les horribles reliefs de cette tragédie peut donc tout naturellement choquer.

Cela dit, nombre d’histoires du même cru ont déjà été portées à l’écran: l’affaire des soeurs Papin, ces deux domestiques qui ont assassiné et énucléé leurs patronnes en 1933; les crimes du mystérieux « Jack l’Eventreur », qui égorgea et mutila une demi-douzaine de prostituées de l’été à l’automne 1888, la fusillade du lycée de Columbine en 1999,…Et à n’en pas douter, le jour viendra bientôt où un certain Marc Dutroux aura les honneurs d’un biopic.
On peut certes attendre que le temps fasse son œuvre et qu’il y ait prescription morale. Ou pas. Dans tous les cas, tout dépendra de l’intelligence avec laquelle le sujet est traité. Mais hurler à l’indécence avant même d’avoir visionné l’ombre d’un bout de pellicule, c’est aller vite en besogne.

L’horreur et la folie sont des sujets qui se doivent d’être abordés. Pas n’importe quand, ni n’importe comment.
Aussi, avant de juger l’artisan sur une pièce qu’il n’a même pas encore produite, l’opinion publique ferait peut-être mieux de lui laisser le bénéfice du doute et de combattre le voyeurisme malsain là où il se trouve, par exemple chez ces  journalistes qui, sans même pouvoir se réclamer d’un quelconque dessein artistique, commettent des articles qui  tronquent les faits et les exploitent jusqu’à leur dernière goutte d’hémoglobine, sans aucun respect ni du fond, ni de la forme, et encore moins de l’humain.

Joachim Lafosse

Joachim Lafosse

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Tooting my own horn for once: Concours Unicef La Libre Belgique “Signature for Good”

25 janvier 2010

Jesoussignée est très fière de vous annoncer qu’elle fait partie des huit heureux gagnants du concours “Signature for Good” lancé par la Libre Belgique en décembre dernier dans le cadre du partenariat conclu entre Unicef et Mont Blanc pour soutenir l’alphabétisation des enfants défavorisés partout dans le monde.

Le but du jeu était de rédiger des voeux de Noël sur le thème de l’écriture.

Voici mon crime:

Un stylo est, à bien des égards, comparable à la plus puissante des baguettes magiques. Quiconque sait s’en servir peut en tirer des merveilles: abattre les murs d’une prison, faire triompher une juste cause, matérialiser un univers entier hors du néant, enflammer le plus glacé des coeurs. L’écriture peut être le porte-voix de ceux qui sont trop petits pour qu’on les entende, le jardin de ceux qui ont un mur pour tout horizon,  l’échelle de corde de ceux qui se débattent au fond de l’abysse. C’est un pouvoir illimité à mettre d’urgence entre toutes les mains.
Puisse chaque homme être un jour le magicien de sa propre vie.

 

Et voilà mon intimidant châtiment:

 

Montblanc Meisterstück Signature for Good

 

Je pense qu’il va me falloir du temps avant d’oser l’utiliser.

Merci Papa Noël…

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Micromanie…

21 janvier 2010

Voici la vidéo promotionnelle de l’université de Yale, aux Etats-Unis.

Et dire qu’on se moque de l’office du tourisme du Pays de Herve…

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Anatomie de la vie bruxelloise, chapitre 2: bis repetita

20 janvier 2010

Toujours dans le thème “le métro et les problèmes linguistiques”, j’ai beau être au fait  depuis une paire d’années de la guerre des langues qui fait rage dans notre beau pays, j’ai beau savoir que le double étiquetage linguistique et ses éventuels abus représentent un lourd dossier rigoureusement géré par la Commission permanente du Contrôle Linguistique et quotidiennement contesté par les lobbys et observateurs des deux camps, je ne peux m’empêcher de me demander ce que le rapprochement des communautés gagne au fait que ” Jacques Brel” soit traduit par “Jsacques Brrel”, “Aumale” par “Aumale”, “Parc” par “Park” et “Delacroix” par “Délacrroix” (et vice-versa).  Peut-être pour éviter un débat télévisé du dimanche et trois tours de vote sur l’accent à faire adopter à la voix de Madame Stib?

J’en étais là dans mes réflexions semi-cyniques quant un vieil article ressorti des archives a réussi à me faire peur:

La Stib doit fermer Bootik

La chèvre et le chou ont donc finalement un point commun: ils peuvent tous deux friser. Le ridicule.

Combien de fois faudra-t-il rappeler que l’on récolte ce que l’on sème?  Et que si c’est une moisson de réconciliation que l’on vise, il faut commencer par semer l’envie de rencontre parmi nos jeunes pousses du Nord et du Sud, et pas par étiqueter des cageots qui, faute de culture commune,  resteront vides?

Une fois de plus, sans doute.

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Critique: Slam à la Vie

18 janvier 2010
Un lundi par mois, au Théâtre de la vie, ça slam. So what ?

Le slam de poésie est un type d’art déclamatoire apparu aux Etats-Unis au milieu des années 80, à l’initiative d’un ouvrier du bâtiment répondant au nom de Marc Smith. Les règles en sont simples (voire spartiates) : un public, un poète, un texte “fait maison”, un micro (ou pas), un temps limite. Et pas d’autres limites. Le slameur est jugé sur sa prestation par un jury choisi au hasard dans le public.

Ca, c’est la théorie. Au Théâtre de la Vie, on a encore élargi l’angle : une fois que le slameur prend possession de la scène, tout lui est permis. Déclamation, chant, citations, reprises, perruques, à un, à deux ou à dix, pour trente secondes ou trente minutes, de toute façon il n’y a pas de chrono, et pas de jury non plus. L’île de la tentation du slameur rompu aux règles de base.

Lundi dernier, le froid avait dissuadé pas mal de monde et la salle n’était pas bien remplie, mais l’ambiance n’en fut que plus chaleureuse. Au menu poétique, beaucoup d’habitués, quelques novices, un délicieux moment de poésie musicale, beaucoup de rires. Et quand on a fréquenté plusieurs scènes slam, on se rend vite compte qu’une constante se dégage : un petit truc dans l’air, ce mélange d’électricité, d’émulation et de profond respect pour le moment, pour cette bulle de sincérité qui éclôt sur scène dans l’instant.

La prochaine, c’est lundi 08 février. Et même si l’hiver s’obstine dans sa tendance polaire, enfilez un pull de plus pour le trajet et venez prendre un peu de chaleur humaine à la Vie, ça fait du bien au moral.

Cindya Izzarelli

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Anatomie de la vie bruxelloise, chapitre 1: Embrasse et roule

14 janvier 2010

Depuis que j’ai pris la manie de joindre l’utile à l’utile en lisant le Metro en néerlandais le matin, j’observe une subtile modification du langage non verbal de mes conavetteurs: les corps avoisinants ne me parlent plus en français. J’observe aussi que le dragueur latin lambda est rapidement refroidi à la vue d’une bannière bleue en première page et qu’il s’en va décocher ses regards fougueux ailleurs, vers des victimes plus ostensiblement francophones.
La barrière linguistique s’infiltrerait donc jusque dans les rames souterraines.
Moralité: méfiez-vous des apparences, la Une ne fait pas le moine.

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Et mes chaussettes rouges et jaunes à petits pois…

8 janvier 2010

 

J’en avais justement eu vent hier…Une amie d’une amie nous forwardait, hilare, ce message l’invitant à publier dans son statut Facebook la couleur de son soutien-gorge, sans plus d’explications, et ce “pour aider la lutte contre le cancer du sein”. Si ce n’est en créant un mini-buzz stérile qui aura tôt fait de s’éteindre, je ne vois toujours pas en quoi ceci aide cela. Et là où ça devient consternant, c’est quand le deuxième journal national relaye l’info(ICI).

Ce n’est pas ce genre d’article précieux qui va contribuer à améliorer l’image du webjournalisme.

A quand la publication de la couleur de votre tampon pour lutter contre le cancer du col de l’utérus?

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Cinéma: Holmes des Temps Modernes

5 janvier 2010

Avec plus de 260 productions filmées, Sherlock Holmes est le héros littéraire le plus représenté au cinéma. On remet le couvert en 2010, avec cette fois Guy Ritchie aux fourneaux, et le duo Robert Downey Jr -Jude Law servi sous cloche.

Le penchant des réalisateurs pour le recyclage des héros rétro est une tendance qui ne se dément pas des deux côtés de l’Atlantique. Après Vidocq en 2000, Arsène Lupin en 2003 ou encore Philéas Phogg et son Tour du Monde en 80 jours en 2006, voici le retour sur grand écran du plus célèbre fumeur de pipe (n’en déplaise aux inconditionnels du commissaire Maigret). Le talentueux tandem Robert Downey Jr. (Holmes)-Jude Law (Dr. Watson) dynamise et dépoussière les deux figures centenaires en ajoutant une dose de séduction virile; autres temps, autres moeurs. Dans cet opus, l’homme de Baker Street aura à combattre le sinistre et bien nommé Lord Blackwood (Mark Strong), qui conspire sur fond de sorcellerie et menace de détruire l’Angleterre. Pour l’occasion, Guy Ritchie a aussi ressorti des cartons le personnage d’Irene Adler (Rachel McAdams), la seule femme à avoir jamais séduit Holmes.

Panne d’inspiration du côté des scénaristes? Pas forcément. Les « classiques », ces premiers terreaux qui font foisonner les imaginations naissantes, sont des sources auxquelles les conteurs ne se lassent pas de retourner s’abreuver. Et l’exercice d’adaptation, s’il reste périlleux, n’en est que plus brillant quand il est réussi.

Mais tous ne connaissent pas un second quart d’heure de gloire: les modes font ployer les esprits au gré de leurs caprices et dictent leurs choix. Si on note un net recul de la science-fiction pure et dure (avec de vrais morceaux d’aliens) et de l’heroic fantasy, un autre genre, moins ostentatoire car plus ramifié, reste omniprésent depuis près de quinze ans. Quel point commun entre des films comme Mary Reilly, Le Prestige, Twilight, Le Barbier de Fleet Street, Le cavalier sans tête ou encore From Hell (sans compter les susnommés)? Réponse: le look. Une ambiance victorienne sombre, romantique et parfois mâtinée de steampunk, alliée à une esthétique impeccable digne d’une bande dessinée Marvel. Une sauce magique qui, servie en nappage sur un mythe populaire ou sur une figure littéraire plébiscitée, plaît à tous les palais.

Ce Sherlock Holmes cru 2010 semble être du même tonneau. Dentelles blanches et magie noire, morgue élégante et scènes d’actions musclées, le menu sera varié. Mais, au-delà de son heureuse concordance avec la tendance actuelle, Sherlock Holmes reste un indémodable. Il fait partie de cette poignée de héros à posséder une troisième dimension: une âme, humaine et imparfaite, dont les splendeurs et les misères sont des mines exploitables à volonté.

Les premiers échos d’ Outre-Manche parlent d’une esthétique brillante, de personnages flamboyants et truculents, d’un rythme haletant et… D’une intrigue un peu mince. Verdict demain dans les salles, et en français dans le texte.

Sherlock Holmes en quelques dates fictives et réelles…

  • 1854: Naissance supposée de Sherlock Holmes
  • 1878: Holmes débute sa carrière de détective privé
  • 1881: Rencontre avec le Dr. Watson
  • 1891: Holmes disparaît mystérieusement après son affrontement avec le professeur Moriarty
  • 1894: « Le retour de Sherlock Holmes »: Holmes réapparaît, se venge…Et reçoit la Légion d’Honneur
  • 1903: Holmes prend sa retraite pour se consacrer à l’apiculture

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  • 1859: Naissance de Sir Arthur Conan Doyle, le créateur de Sherlock Holmes
  • 1887: Première apparition de Sherlock Holmes dans la nouvelle « Une étude en rouge »
  • 1893-1903: Conan Doyle, lassé du succès de ce personnage qui lui fait de l’ombre, décide de supprimer Sherlock Holmes en écrivant sa mort dans « Le problème final ». Dix ans plus tard, il cèdera aux pressions des éditeurs et ramènera son célèbre héros à la vie
  • 1928: Sous l’influence d’académiciens passionnés naît la « science » de l’holmésologie. Des sociétés holmésiennes, vouant un culte humoristique au détective, se forment.
  • 1930: Décès de Sir Arthur Conan Doyle

Sherlock Holmes 2010

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Article: Les Plaisirs d’Hiver 2009

25 décembre 2009

Plaisirs des Sens

Les Plaisirs d’Hiver 2009, ou un plongeon assumé dans l’oubli de cette noire fin d’année. Parce qu’on a tous besoin de magie…


Au détour du pavé, c’est une bulle de féérie qui attend les passants. Une parenthèse de légèreté et de tintements cristallins. Avec son chapelet de chalets couleur miel, ses traditionnelles guirlandes lumineuses, ses badauds tranquilles et souriants (une fois n’est pas coutume) et,  en point d’orgue, sa patinoire surplombée par la grande-roue, le marché de Noël de ces Plaisirs d’Hiver 2009 est une fourmilière de bonne humeur. Mais au-delà de l’avalanche de lumières et de couleurs, un marché de Noël s’apprécie aussi les yeux fermés. Par exemple: ce parfum irrésistible de pomme et cannelle, exacerbé par le froid. Emmitouflée dans un parka aux couleurs du Lion’s Club visiblement trop grand pour elle, une jolie vieille dame sourit en tendant des gobelets de jus chaud et épicé. « Au profit des plus démunis », précise-t-elle. Elle est contente: la neige est dans l’air, les ventes de boissons chaudes grimpent en flèche, et le classique vin chaud reste un succès par tous temps.Seul un M. Scrooge des plus endurcis pourrait résister à ces minuscules étals bigarrés. Ici, on flâne, on goûte, on se laisse tenter. C’est l’occasion de découvrir ou de redécouvrir des spécialités oubliées, comme la potée au chicon ou la tarte al djote. Les plus hypes préfèreront trinquer avec du champagne à la rose fraîche au-dessus d’une assiette de foie gras, tandis que sur une estrade tapissée de rouge, un quatuor reprend des standards tziganes à la sauce Noël.
Pour les shoppeurs en panne d’idée, les suggestions de cadeau affluent:  jouets en bois,  écharpes équitables, bougies en cire d’abeille, chacun y trouve son compte. Stefania, radieuse, nous montre la bague artisanale en cristal de Swarowski qui brille à son annulaire. « Cadeau de mon fidanzato », nous dit-elle. Derrière elle passe un groupe d’adolescents asiatiques coiffés d’oreilles de rennes, hilares. Le public est cosmopolite: si Noël n’est pas fêté par tous, il attire cependant les foules. Un peu trop au goût de certains? « A certaines heures, c’est un peu la cohue, déplore Nicolas,  derrière son étalage de délicates lampes marocaines posées à même le sol. « Je dois ouvrir l’oeil pour éviter qu’on ne m’abîme ma marchandise. Les enfants surtout, ils touchent à tout. Mais bon, c’est comme ça! »
Les enfants, justement, ne savent plus où donner de la moufle. Les petites mains émerveillées tirent sur les bas des manteaux et pointent du doigt, qui les minuscules matriochkas aux joues rouges comme des bonbons, qui le féérique manège rétro à la Jules Verne (où même les grands se damneraient pour faire un tour), qui l’incontournable patinoire où petits bobos font échos aux grands éclats de rire, qui la majestueuse grande roue, où seuls les plus téméraires s’aventurent par un froid pareil.
D’autres encore préfèrent se diriger vers la place Sainte-Catherine, où la Mongolie, invitée d’honneur de cette année,  a établi ses quartiers d’hivers. Au menu: un spectacle exotique et fascinant, d’authentiques yourtes, des objets traditionnels, et une photo-souvenir en costume, comme un avant-goût de ce pays mystérieux et méconnu.
Petits et grands de tous horizons, Noël est là, à nos portes, prêt à nous emporter dans son ballet magique. Ouvrez vos yeux, vos oreilles, vos narines et vos chakras, et entrez dans la danse. On n’y résiste pas…

Et concrètement?
Quelques chiffres?

  • Les Plaisirs d’Hiver 2009, ça se passe du 27 novembre 2009 au 03 janvier 2010, de la Grand-Place au Marché aux Poissons en passant par la Grand-Place, la rue au Beurre, la rue de la Bourse, la Bourse, rue Devaux, la rue Sainte-Catherine, la Place Sainte-Catherine et le Marché aux Poissons.Le Marché de Noël  se situe autour de la Bourse, Place sainte-Catherine, Marché aux Poissons, et est ouvert du lundi au jeudi: de 12h à 21h, du vendredi au dimanche de 11h à 22h. Le 25 décembre à partir de 12h et le 1er janvier à partir de 14h.
  • La patinoire, la piste de luge, le circuit de voiturettes électriques et la grande roue seront eux accessibles chaque jour de 11h à 22h. Le 25 décembre à partir de 12h et le 1er janvier à partir de 14h.
  • Et pour les touts-petits?Il y a la petite île de Flocoton, un parcours des sens pour les 0-3 ans, accompagné d’un espace-détente pour les parents.

 

  • 38 jours non-stop (du 27 Novembre au 3 janvier)
  • 2 500 000 visiteurs en 2008
  • 2 km de parcours lumineux
  • 240 chalets d’artisans locaux et internationaux
  • 1 patinoire de 1050 m2
  • 1 sapin de 18m de haut sur la Grand-Place.

Vous en voulez encore plus? Visitez www.winterwonders.be !

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